Un roman, dans sa forme la plus vraie, est un questionnement sur ce que signifie être humain, sur ce qu’est une vie. Mais ce qui le différencie d’un travail d’enquête philosophique, par exemple, c’est, entre autres choses, la façon dont il utilise (ou mésuse, ou utilise différemment) le langage et, deuxièmement, le sentiment particulier de déception qu’il peut procurer. Ce n’est pas qu’un roman ait besoin de déranger, de consterner ou de déstabiliser pour hypnotiser ou provoquer, mais il nous oblige, ou devrait, nous obliger à reconsidérer, à repenser. La bravoure de l’écrivaine de fiction réside donc dans son dévouement à ne jamais remettre en question le lecteur, même au risque de s’attirer la sympathie de son propre livre ; La bravoure du lecteur est de s’autoriser à faire confiance à l’écrivain, à s’abandonner au monde qu’elle a créé.






