Dans son dernier roman, Angélique Brazier nous invite à une exploration cathartique de l’existence en stase. L’œuvre dépeint le portrait de Malorine, une femme de 45 ans dont la vie s’est cristallisée dans la grisaille du Puy-en-Velay. Employée à la Poste, elle semble avoir égaré cet « éclat de soi-même » entre les plis de la routine et les renoncements successifs. Le récit s’ouvre sur un dilemme universel : la sensation d’une vie vécue par procuration, où l’identité s’efface derrière les obligations domestiques et professionnelles.
« Jusqu’à ce qu’un jour, une porte s’ouvre. Pas une vraie porte, avec une poignée et des gonds qui grincent. Une autre. Plus discrète, plus dangereuse. Celle qui nous chuchote à l’oreille qu’une autre route existe, qu’il suffit d’un pas, un tout petit pas. »
Et si la technologie vous offrait une seconde chance… au risque de dissoudre la première ? En quête de sens, le nouveau roman d’Angélique Brazier, Ce que l’on oublie de vivre, est un « roman-miroir » très pertinent. L’intrigue nous plonge dans le « Et si ? » universel. Malorine, héroïne du quotidien en apnée émotionnelle, nous entraîne dans une immersion sensorielle totale. Une œuvre percutante sur la résilience, invitant chacun à briser la monotonie pour recommencer, enfin, à respirer.
| Élément | Détails |
| Titre | Ce que l’on oublie de vivre |
| Autrice | Angélique Brazier |
| Date de parution | Mai 2026 |
| ISBN | 978-2-9585806-6-7 |
| Conception graphique | Émilie Banc Création |
| Genre | Roman de quête de soi/Anticipation légère |
| Format | Roman |
L’œuvre repose sur un contraste saisissant entre la province française et l’infini des possibles virtuels. Cette opposition stratégique permet de souligner la saturation émotionnelle d’une femme moderne face à une technologie capable de réécrire son passé.
À 45 ans, Malorine mène une existence grise au Puy-en-Velay. Employée à La Poste, entre les murs ternes de l’Allée des Portes Occitanes, elle subit une routine qui l’étouffe. Sa vie de couple avec Olivier s’est érodée jusqu’au silence, transformant leur appartement en un théâtre de solitude partagée. La charge émotionnelle du récit s’ancre dans cette réalité tangible : celle d’une femme qui a cessé de rêver pour simplement durer.
Sa rencontre avec la start-up ALTIV brise ce statu quo. En acceptant de tester un protocole neurotechnologique révolutionnaire, Malorine accède à des simulations immersives de sa propre existence. Elle ne se contente plus de regretter ses choix ; elle les vit. Ce vertige numérique l’entraîne de l’effervescence de New York aux cercles littéraires parisiens, l’obligeant à confronter la femme qu’elle est devenue à celle qu’elle aurait pu être.
Le roman utilise la science-fiction de proximité (« near-future ») pour questionner notre rapport à la performance et au bonheur. NEOMIRE™ agit comme un miroir technologique révélant nos fêlures les plus profondes.
Initialement développée pour traiter les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, la technologie d’ALTIV visait à restaurer les connexions mémorielles. Le détournement de ce protocole médical vers le « confort émotionnel » soulève des dilemmes éthiques majeurs.
Le dispositif repose sur une stimulation neuronale avancée et une calibration fine des souvenirs par IA. Le système analyse les ondes cérébrales pour combler les « zones floues » et créer une réalité augmentée sensoriellement parfaite.
Pour garantir la sécurité de l’utilisateur, un mot-clé de sortie, « Catapulter », permet d’interrompre instantanément la simulation.
Le guide d’utilisation prévient d’un risque majeur de confusion identitaire, l’IA ayant tendance à « halluciner » une continuité logique qui peut supplanter la réalité primaire.
Ce roman offre un terrain d’analyse fertile sur des débats contemporains brûlants, de l’IA générative au droit à l’erreur.
Le poids des choix non faits : Comment le regret, d’ordinaire passif, devient-il un matériel d’exploration actif ? Le roman transforme la mélancolie en une aventure psychologique.
La technologie comme miroir déformant : À l’heure où l’IA interroge notre « droit à l’hallucination », NEOMIRE™ pose la question : la simulation est-elle un remède à la solitude urbaine ou une drogue isolant l’individu de sa propre vérité ? Le récit explore comment le cerveau, aidé par la machine, « bouche les trous » pour créer un mensonge confortable.
Le réengagement personnel : Le véritable enjeu pour Malorine est de « recommencer à respirer » sans béquille technologique. Le roman évalue la capacité de l’individu à accepter son imperfection pour retrouver une authenticité durable.
Réalisme sensoriel absolu : L’utilisateur éprouve physiquement et émotionnellement chaque aspect de la simulation (température, textures, effluves).
Risque de confusion cognitive : La porosité entre la simulation et la réalité primaire est un danger majeur, le cerveau pouvant peiner à réintégrer le réel après une session prolongée.
Protocole de sortie : Une interruption instantanée est possible via un mot-clé spécifique. Pour Malorine, il s’agit de « Catapulter », mot-clé du jour qui souligne le caractère expérimental et précaire du voyage.
Origine endogène des données : Le programme ne crée rien ex nihilo ; il assemble les fragments de la psyché du sujet.
Malorine Vaucreux incarne l’épouse invisible, prisonnière d’une union apathique, tandis que Malorine Surnelle (son nom de jeune fille et d’autrice) représente l’identité créative et vibrante qu’elle tente de reconquérir. Au guichet de la Poste, elle se contente de « bonjours fantômes » et d’un « sourire Joconde version low cost », dissimulant une détresse sourde.
| Caractéristiques | Le « Moi Réel » (Vaucreux) | Le « Moi Projeté » (Surnelle) |
| Environnement | Grisaille du Puy-en-Velay, bureau sans fenêtre. | Verticalité de Manhattan, lumière de Paris. |
| Posture sociale | Invisibilité administrative, « colocataire ». | Assurance, visibilité, femme d’action. |
| État sensoriel | Fatigue chronique, odeur de plastique et de froid. | Élégance fluide, arômes de café et de papier neuf. |
| Dynamique | Stase, regrets, passivité. | Élan créateur, passion, autorité retrouvée. |
À Manhattan, Malorine ne trouve pas seulement le succès professionnel, elle accède à la reconnaissance. La leçon émotionnelle majeure réside dans le regard de Kent : pour la première fois depuis des décennies, elle est véritablement vue. Cette simulation agit comme un miroir où son désir ne se heurte plus à l’indifférence, mais à une intensité charnelle oubliée.
Cette confrontation avec Thomas révèle les biais de l’inconscient. Le cerveau de Malorine propose une version « 4K retouchée » de son premier amour, maquillant les aspérités de la réalité passée. L’innovation narrative ici est cruciale : Malorine revient de cette session sans prononcer le mot-clé, signe que son inconscient reprend le contrôle sur la technologie pour clore d’elle-même ce chapitre fantasmé.
Dans une librairie parisienne sous la neige, Malorine Surnelle dédicace son roman Ce que l’on oublie de vivre. Cette expérience est le point de bascule : elle comprend que son aspiration n’est pas une fuite, mais son essence même. La sensation tactile du livre et l’odeur de la cannelle ancrent définitivement son désir de création dans son futur réel.
Olivier : Le mari apathique, figure du renoncement. Son refuge dans l’alcool et sa « bière éventée » devant la télévision dressent un mur de silence que seule la technologie ALTIV parvient à briser.
Virginie (Vivi) : La sœur aînée, bouée de sauvetage pragmatique. Elle apporte une vitalité colorée qui contraste avec la vie terne de Malorine.
L’équipe ALTIV (Lucie, Vincent, Bastien) : Trio de guides techniques et éthiques. Entre le neuroscientifique Vincent, le neurologue paternel Bastien et la médiatrice Lucie, ils forment le cadre sécurisant de cette odyssée neuronale.
Angélique Brazier excelle dans l’équilibre entre un réalisme social poignant (la froideur des rapports humains au guichet, la tristesse du foyer) et un onirisme technologique fascinant. L’écriture est sensorielle, capturant l’odeur du carton « fragile » ou la morsure de la neige parisienne.
Le pivot émotionnel du roman (Chapitre 32) se cristallise au parc. La balançoire n’est plus un objet de contemplation passive où l’on surveille ses enfants ; elle devient l’instrument d’une reconquête physique. En se balançant seule pour « attraper le ciel avec les pieds », Malorine transforme le « Et si… ? » mélancolique en un « Je suis » résolu.
Le départ de Gabriel et de Léa (le syndrome du nid vide) est le catalyseur de la crise. Le roman explore avec finesse comment la fin du rôle de « mère-objet de soin » force Malorine à redevenir le sujet central de son propre récit, au-delà de sa fonction familiale.
La véritable prouesse du récit est de montrer que le courage ne réside pas dans le port du casque, mais dans l’acte de déshabillage de l’illusion une fois la simulation terminée.
Ce que l’on oublie de vivre n’est pas un plaidoyer pour l’évasion virtuelle, mais un manifeste pour la réappropriation de soi. L’expérience NÉOMIRE™ ne ramène pas Malorine vers une autre vie, elle la ramène vers elle-même, vers l’identité de Malorine Surnelle. La scène finale du retour à la réalité primaire, bien que brutale, est un acte de deuil nécessaire : il faut enterrer la femme que l’on n’a pas été pour laisser naître celle que l’on peut encore devenir.
Calibrer son récit : Le guide ultime des longueurs de romans par genre (Fantasy, Romance, Thriller)
Chapitre 1 : Derrière le déluge, le soleil brille toujours !






